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Rainer avait connu des jours meilleurs. Il faut dire qu'il les avait bien mérités : la Guerre d'Indépendance, le trône d'Okord arraché - de quoi remplir dix chants et flatter n'importe quel ego, même le sien. Pendant quelque temps, on ne parlait de lui qu'à voix admirative, ce qui, dans les cours de ce genre, ne dure jamais bien longtemps.
Puis l'Autriche s'est effondrée. Personne n'a jamais su exactement pourquoi - les explications officielles valent ce qu'elles valent - mais la guerre civile qui a suivi s'est chargée de finir le travail. Rainer a réussi à sauver les meubles, si l'on peut dire : un exode vers les Marais, quelques bannières récupérées in extremis. Belle image pour un tableau. Moins belle réalité pour une armée qui n'existait plus et un trésor qui n'existait pas davantage.
Pendant que l'archiduc rassemblait patiemment ses gens dans les Marais - travail long, ingrat, et peu propice aux discours triomphants - d'autres, eux, avançaient leurs pions avec un certain sens du timing. Sigéric a repoussé sans trembler l'attaque d'un ancien roi d'Okord ; rien à redire, une victoire propre. Mais c'est Eadwulf qui a fait tourner les têtes. Cet ancien barbare, arrivé bien après tout le monde dans l'aventure vangare, a eu le mauvais goût d'être excellent : il a porté ses troupes en supériorité jusqu'au cœur des terres du roi d'Okord et en est revenu couvert d'un succès aussi rapide qu'agaçant pour ceux qui comptaient les points.
On comptait les points, justement. Les Vangars ont toujours eu ce principe, affiché avec la fierté de ceux qui n'ont jamais eu à s'y confronter vraiment : rien n'est dû, tout se gagne, et ce qui se gagne peut aussi se reprendre. Beau principe, tant qu'il ne s'applique pas à soi. Que Rainer ait fait gagner les Vangars, personne ne le niait - on n'est pas ingrat, à Vangar, on est simplement pratique. Mais gagner hier n'a jamais garanti de gagner demain, et de plus en plus de dignitaires se sont mis à le penser tout haut, avec cette assurance nouvelle qu'on prend quand on sent le vent tourner en sa faveur.
Certains sont même allés chercher, avec un enthousiasme qu'on devine réjoui, un vieux sobriquet qu'on croyait poliment enterré : l'Assassin. Allusion, bien sûr, au bain de sang que Rainer avait ordonné en Autriche, bien avant la fondation de la Confédération, pour s'emparer du pouvoir. Un détail qu'on avait généreusement mis de côté tant qu'il gagnait des guerres. Un détail qu'on ressort, comme par hasard, maintenant qu'il en perd.
Rainer, qui n'était ni sourd ni naïf, entendait très bien cette rumeur monter autour de lui, chapitre après chapitre. Et il a fini par se dire - sagement, ou fatalement, l'avenir tranchera - qu'il valait mieux agir que d'attendre poliment qu'on le pousse dehors.
Dernière modification par Philippe (2026-07-23 17:59:28)
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Cette guerre a pour cadre la Confédération vangare, mais tout joueur volontaire peut participer, y compris un Okordien qui trouverait un intérêt politique à une ingérence. Il suffit de me contacter pour convenir ensemble du cadre RP de votre intervention.
Chacun détermine librement la puissance d’armée qu’il souhaite engager dans le conflit. Les batailles sont menées sur la base d’une égalité des forces (max 1,15 pour l’attaquant), sauf dans le cas où l’évolution de la guerre justifierait que l’un des camps se retrouve en supériorité numérique (par exemple après un lancé de dé défavorable).
Selon l’évolution RP du conflit politique, il peut y avoir plusieurs batailles, voire un ost en conclusion.
Les participants à ce stade :
- Rainer (mort potentielle du personnage selon issue)
- Eadwulf
- Sigéric (mort potentielle du personnage selon issue)
- Cyfoeth
- Theodora (participation sans bataille PVP)
- Morvayn
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LA MARCHE SUR LE BASTION DES ÉTOILES
Chronique de la guerre vangare, premier chapitre
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Consigné par les scribes du Haut-Conseil
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Seigneur Sigéric,
Je convoquerai d'ici peu le Haut-Conseil en session extraordinaire afin de présenter mon bilan à la tête de la Confédération.
Je mettrai au vote, à cette occasion, mon maintien en tant que Grand Commandeur. Ma certitude est que, plus que jamais, la Confédération a besoin de stabilité et de continuité : les Okordiens remobilisent leurs forces et sont un peuple revanchard.
Il n'est pas exclu que certains consuls s'opposent, par ambition personnelle, à cette initiative. Je sais pouvoir compter sur votre soutien : l'Autriche fut la seule maison vangare qui se porta à votre secours lorsque votre cité fut assiégée. Le Bastion des étoiles n'est pas un repaire d'ingrats.
Rainer
Archiduc d'Autriche
Grand Commandeur des Vangars
Seigneur Rainer,
Oh, quelle joie de recevoir de tes nouvelles si… majestueuses ! Ton éloquence me touche profondément, comme une douce mélodie résonnant dans les couloirs du pouvoir. Comme il est agréable de voir que tu as si bien compris l'art de la diplomatie, même si cela semble un peu… désespéré.
La stabilité que tu prônes me semble un peu fragile, n'est-ce pas ? Les Okordiens, ces braves, n'attendent qu'un moment d'inattention pour frapper. Mais je suppose que tu as déjà tout prévu, n'est-ce pas, Grand Commandeur ? Après tout, c'est bien connu que la prudence est la vertu des grands hommes… ou du moins, c'est ce que l'on dit.
Quant à ton soutien que tu attends de moi, je suis flatté de ta confiance. C'est presque attendrissant de penser que tu penses pouvoir compter sur moi, surtout après cette petite… aide que tu as apportée lors de mon siège. Bien sûr, il ne faut pas oublier que d'autres auraient tout aussi bien pu intervenir, mais je suis ravi que tu aies pris l'initiative. C'est toujours agréable d'avoir un ami dans les parages, même si ce n'est qu'un geste parmi tant d'autres.
Je suis sûr que ton bilan saura ravir le Haut-Conseil, même si certains pourraient être un peu… envieux de ta position éclairée.
Avec toute la déférence que mérite un tel personnage,
Sigéric
Rainer a écrit à Sigéric comme on écrit encore à un allié, quand on n'est plus tout à fait sûr d'en avoir un. La lettre annonçait le Haut-Conseil, le vote sur son maintien, les Okordiens qui remuaient à l'est. Un rappel à peine déguisé s'y glissait aussi : l'Autriche avait été la seule maison vangare à se porter au secours du Bastion des Étoiles, le jour de son siège. La réponse de Sigéric fut un modèle du genre : pas un refus, pas un soutien, seulement des compliments si appuyés qu'ils ressemblaient à des insultes bien élevées. Rainer connaît Sigéric depuis trop longtemps pour ne pas reconnaître, sous la politesse, une déclaration.
Rainer n'a pas repris la plume. Il a levé une légion autrichienne avant même que l'encre de Sigéric ait fini de sécher. Les bateaux ont embarqué de nuit, sans qu'on prévienne personne d'autre en Autriche. Le Bastion des Étoiles se dresse sur l'autre rive. Il a fallu toute une matinée pour y faire passer les troupes, les chevaux et le matériel de siège, sous un ciel qui n'a pas jugé bon de faciliter les choses.
Une fois à terre, l'armée autrichienne s'est mise en marche vers l'intérieur des terres, Rainer en tête, sous sa propre bannière. Sigéric n'a pas eu besoin d'éclaireurs pour deviner ce qui s'annonçait. Ses troupes attendaient déjà à la frontière de son domaine, masse silencieuse sur laquelle Rainer allait devoir se briser ou passer. Derrière Sigéric, la route qui mène droit à sa capitale. Derrière Rainer, un fleuve qu'il n'a pas vraiment les moyens de retraverser en cas de déroute.
Les cornes n'ont pas encore sonné. On ne sait pas encore qui, du Grand Commandeur ou du seigneur des Étoiles, écrira la suite de cette histoire.

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À suivre
Chronique de la guerre vangare
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Dernière modification par Philippe (2026-07-24 02:10:12)
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LE SANG DE LA FRONTIÈRE
Chronique de la guerre vangare, deuxième chapitre
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Consigné par les scribes du Haut-Conseil
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Les cornes ont fini par sonner. Rainer et Sigéric se sont retrouvés face à face à la frontière du domaine, chacun en tête de ses hommes, et l'enjeu tenait en une phrase : celui qui plierait le premier ouvrirait sa propre route à l'autre. Pour Rainer, un pas de plus vers le Bastion des Étoiles. Pour Sigéric, une occasion de le rejeter au fleuve et de l'y achever.
Ce sont les chevaliers autrichiens qui ont fait la différence, lancés en une seule charge par Rainer lui-même, couverts par des archers qui n'ont pas eu besoin de deux volées pour trouver leur cible. Les lignes de Sigéric ont cédé. Sigéric, lui, a été pris, vivant, ce qui vaut mieux qu'une victoire pour l'honneur d'un vainqueur et beaucoup moins pour la suite des événements.
Car on ne mène pas un seigneur vangar en captivité sans que quelqu'un, quelque part, s'en trouve contrarié. Des milices de paysans, aidées par des rescapés de la déroute, sont tombées sur l'escorte avant qu'elle n'atteigne le campement autrichien. Sigéric n'a pas manqué de se saisir l'occasion et a recouvré sa liberté le temps qu'il fallait pour recouvrer aussi son ban. Une seconde bataille se prépare à l'initiative de Sigéric, et cette fois, l'un des deux camps n'aura plus de retraite à négocier.
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Pendant ce temps, auprès des tribus d'Amara, Theodora de Saxe s'est occupée à sa manière bien à elle. Vassale de Rainer et étrangère aux champs de bataille, elle avait reçu de son suzerain une mission d'un tout autre ordre : convaincre les tribus locales de rallier sa cause. Le seigneur Cyfoeth a fini par y consentir, moyennant davantage de poids politique au sein de la Confédération.
L'accord vaut de l'or sur le plan diplomatique. Il vaut peut-être davantage sur le plan militaire. Le domaine de Sigéric se retrouve désormais pris en tenaille, Cyfoeth à l'ouest, Rainer à l'est. Theodora n'a pas eu à dégainer d'épée pour cela.
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Au nord, un autre acteur avait suivi tout cela de plus près qu'on ne l'imaginait. Eadwulf traîne une réputation de barbare, celle d'un homme qui pense avec ses armes. La réalité, apparemment, est plus incommode pour ses adversaires : il a très vite compris que Rainer le comptait parmi les têtes à abattre, et il n'a pas attendu qu'on vienne le chercher.
Ses troupes ont frappé les premières, sur des positions autrichiennes éloignées de tout ce qui se joue à la frontière de Sigéric. Le calcul est simple et il est bon : Rainer doit désormais nourrir un second front, à des lieues du premier, avec les mêmes hommes et le même trésor qu'il comptait déjà réserver au Bastion des Étoiles.
Trois fronts, un seul hiver pour les tenir tous.
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Vangars, votre Grand Commandeur s'adresse à vous.
Tandis que je m'apprêtais à solliciter la confiance du Haut-Conseil pour continuer à vous mener à la victoire, tant militaire que politique, d'anciens lieutenants devenus ambitieux ont jugé qu'ils pourraient commander la Confédération avec davantage d'habilité.
Ils en ont bien le droit. La coutume vangare approuve ces guerres de succession, qui garantissent que les Vangars sont toujours menés par le plus adroit d'entre nous.
Mais la coutume autrichienne, elle, m'impose de renvoyer au nid, si besoin par la force, tous les aiglons qui désobéissent à l'aigle.
Qu'il soit donc su de tous que l'Archiduché d'Autriche entre en guerre contre les seigneurs vangars Eadwulf et Sigéric, et que nous la mènerons jusqu'à leur soumission.
Son éminence, la dame de Saxe, ainsi que le seigneur Cyfoeth pour les tribus d'Amara, ont eu la loyauté et l'intelligence politique de m'accorder leur soutien. Ils en seront récompensés, comme il se doit.
Pour Vangar, contre tous.
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Rainer
Archiduc d'Autriche
Grand Commandeur des Vangars
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À suivre
Chronique de la guerre vangare
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Dernière modification par Philippe (Hier 21:57:12)
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