Vous n'êtes pas identifié(e).
Alors que le berger le couvrait d'osterlichois bien senti, Lancelin observa du coin de l'œil ses camarades s'éparpiller discrètement. L'affaire était faite. Les okordiens passeraient un peu plus inaperçus dans la ville, enfin, les autres. Lui avait visiblement raté le coche.
Il descendit de Borée avec l'aisance d'un garçon qui n'a jamais fait autre chose de sa vie, prit sa monture par les rênes et s'avança vers le couple, la main gauche posée naturellement sur le pommeau de son épée, pas menaçant, juste un rappel. Le berger continua de débiter sa litanie. La femme à côté de lui tirait sur sa manche pour l'arrêter.
Lancelin laissa passer l'orage, le regard calme, presque distrait. Puis, dans un osterlichois très hésitant mais appliqué :
Przepraszam. (Je m'excuse.)
Il saisit la main de l'homme, y glissa une pièce d'or, et la referma dessus d'une légère pression, le tout accompagné du sourire de quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait.
Dla ciebie. (Pour toi.)
Il n'attendit pas de réponse. Il reprit les rênes de Borée, lui murmura quelques mots à l'encolure comme pour s'excuser d'abord auprès de lui, puis s'éloigna d'un pas tranquille à la recherche d'une auberge avec une écurie digne de ce nom.
Dernière modification par HernfeltMayer (2026-04-09 10:33:49)
Siostry Vespasia et toute sa clique, Aldric "Main-de-Sixte" Ravenswood, Amaury de Gavere, Le Denier, Maître Balthazar ou le Strolatz Wacław Kowalczyk.
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Lorsqu’Aguilar mentionna une escorte, Kupryj contempla l’idée quelques instants, avant d’hocher lentement la tête.
- La défaite des nomades contre l’archiduc a dû passablement les calmer, et nous avons-nous-mêmes repousser quelques bandes de pillards. Je pense que vous aurez assez peu de problèmes. Mais je peux vous fournir une dizaine d’hommes jusqu’à Pomorze, si cela peut vous rassurer. Vous devrez vous débrouiller sur la route de Pomorze à Kalisz, mais elle est aux dernières nouvelles sûre.
À l’insistance de Theuderic, traduit par son interprète Eudes, le burgheister se raidit, glissa un nouveau regard vers la Siostry, avant de baisser la tête, poussant un profond soupir.
- J’en ai déjà trop dit, je suppose… Il releva la tête. Vous trouverez trois autorités dans la région. Comme je vous l’ai dit, l’autorité royale directe, nommée sous Baldir XXXV, est le diakon Matyjasz, que vous trouverez à Kalisz. Mais l’homme fort de la noblesse sudosterlichoise, le pouvoir historique de la région, est l’archiduc Pawol, qui doit encore rôder autour de Potwor Jeziorny, à chasser les nomades survivants. Les deux ne peuvent pas s’entendre, mais ils sont chacun à leur façon digne de leur titre.
Se redressant un peu plus, Kupryj caressas du pouce le fil de sa hache, toujours à sa ceinture.
- Le vrai problème est l’Ordre du Rameau. Les strolatzs ont toujours eu une énorme influence sur le royaume, mais elle était toujours accompagnée d’une certaine rigueur monacale… Je ne sais pas si le poisson a pourri par la tête, ou si leur nouveau Grand Maître est simplement l’expression de la corruption rampante dans l’ordre, mais le masque est complètement tombé depuis l’élection de Chalislaw. Le visage du burgheister eut un rictus méprisant. L’ordre est devenu une parodie d’elle-même. Chalislaw ne cache même plus ses appétits de pouvoir, et comme le diakon et l’archiduc sont incapables de se mettre d’accord, il étend sa toile. Il baissa légèrement les yeux, amer. Tous les strolatzs ne sont pas pourris, surtout dans les ordres mineurs, qui n’ont pas autant d’influence que celui du Rameau. Mais Chalislaw a acquis un réseau considérable, dans le clergé, l’armée, les villes… Même chez moi. Ostenkirchen n’est pourtant pas une cité majeure. Difficile de ne pas devenir paranoïaque.
Kupryj lança un regard perçant à l’intention de la Siostry, puis au reste de la délégation.
- On essayera de vous faire choisir une position. On ne vous laissera d’ailleurs peut-être même pas le choix.
L’ojciek, un homme au crâne ras, bien bâti et dans la force de l’âge écouta la diatribe de l’espion avec une incrédulité grandissante.
- Fiston, répondit-il d’une voix grave, est-ce que j’ai une tête à savoir ce qui se trame dans la tête des seigneurs ? Je m’occupe de soigner les âmes meurtries par les épreuves de ce monde imparfait. Je laisse la politique à la noblesse, la défense de la ville au burgheister et celle de la région à l'Ordre du Rameau !
D’un geste sans équivoque, il balaya du bras les bancs de l’église, où priait en silence quelques croyants.
- Vous êtes le bienvenu si vous souhaitez vous recueillir auprès de Podeszwa. Sinon, je vous demanderai de respecter la solennité de ce lieu consacré, et de laisser mes ouailles prier en paix.
Jet de manipulation (intrigue) d’Hermès, malus -4 (très direct) :
16 (échec), le prêtre n’apprécie pas franchement l’interruption
Jet de diplomatie de Theuderic, malus -2 (Kupryj déjà réticent) :
6 (réussite), le burgheister passe à table
Jet de diplomatie d’Aguilar au sujet de l’escorte, bonus +2 (Kupryj sensible aux arguments)
7 (réussite)MJ d'Okord.
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Hermès compris avec dépit son échec, et constatant l'incrédulité visible du prêtre, il ne pris pas le risque d'insisté, et se contenta de continué à jouer son rôle de pèlerin zélé.
"mon père, je suis moi même une âme meurtrie, meurtrie par le doute et la peur de l'obscurité, j'avais espoir qu'un homme aussi saint que vous puisse répondre à ma crise, j'imagine que c'était trop en demander à notre dieu que de croire que vous pouviez me rassurer, mais ce sera un plaisir de prier avec vous, je suis venu lavé mon âme en Osterlich et en apprendre plus sur la foi, et si après la prière, vous pourriez me recommander d'autre lieu, pour l'âme en peine que je suis, en quête de réponse"
vous trouverez ici une rapide explication et un historique de la maison: https://www.okord.com/ranking.html?profile-3451
Le Grand Jarl Actuel: https://www.okord.com/ranking.html?profile-21203
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Ayant senti que le Burgheister en avait déjà dit beaucoup et qu'il devenait réticent à prolonger l'entretien , Aguilar estima qu'il était temps d'en finir et reprit :
- Seigneur Krotkizameski , nous acceptons volontiers votre proposition de nous prêter une escorte d'une dizaine d'hommes jusqu'à Pomorze . Vous nous ferez savoir ce que nous vous devons pour cette escorte et nous vous ferons porter votre dû . Nous passerons donc la nuit en campement à la lisière de la ville et partirons dès demain pour Kalisz .
Nous vous remercions pour l'escorte et pour les précieux renseignements et conseils que vous nous avez donnés . Nous ne manquerons pas de faire part aux autorités que nous verrons à Kalisz et ailleurs de l'aide que vous nous avez apportée . *Se tournant vers ses compagnons* Si aucun d'entre nous ne souhaite plus ajouter quelque chose , permettez nous de vous saluer , Messire Krotkizameski , et de vous souhaiter bonne réussite dans la protection de votre ville . *Tous s'inclinèrent respectueusement pour saluer et prendre congé du Burgheister*
Les quatres hommes et la Siostry furent raccompagnés jusqu'à la porte du fortin puis s'en retournèrent jusqu'à leur camp . Sur le chemin , chacun ruminait pour soi les paroles du Burgheister , jusqu'à ce qu'Aguilar s'adresse à eux :
- Mes amis , nous pensions apporter des paroles d'amitié en traversant un pays modèle d'ordre et de paix , moi en tous cas je croyais cela . Et nous nous retrouvons au coeur d'une région fort instable ou notre sécurité pourrait être menacée . Dans ces conditions , je pense que la question de la poursuite de notre ambassade se pose . Je pense qu'il nous faut également choisir une position commune par rapport à ces évènements , afin de savoir comment réagir en cas de problème . Je propose de nous réunir dès ce soir au campement après le repas afin de faire ensemble le point sur la situation .
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Comme convenu , les sept membres de l'ambassade s'était retrouvés le soir de leur arrivée autour d'un feu de bois au campement établi en lisière de la ville de Osternkirchen afin de faire le point sur la situation . Gronog avait pu trouver dans la ville de quoi confectionner quelques pâtisseries au gout exotique et baignant dans le miel , qui ravirent les palais et agrémentèrent la soirée . Avec du maïs soufflé et un Altevin de vieille garde , la soirée pouvait se dérouler sous d'agréables auspices de ce point de vue .
La veillée commença par le récit de leurs visites par ceux qui s'étaient rendus en ville . Lancelin dit que les habitants n'étaient pas aimables et n'aimaient pas les étrangers , sans toutefois donner plus de détails pour justifier ses propos . Hermes raconta qu'il s'était fait passer pour un pèlerin et s'était rendu dans l'église de la ville , mais qu'il n'avait rien pu apprendre du tout en questionnant le prêtre qui n'était vraiment guère bavard . Et Estelle et Blondin racontèrent que les habitants ne parlaient pas le dialecte osterlichois des colonies d'Esterod et qu'ils n'avaient donc pas pu discuter avec la population , et n'avaient donc rien pu apprendre de la situation . Par contre , Estelle fut très heureuse d'offrir à son père un remède pour ses maux de tête , et Blondin une potion contre les douleurs osseuses de son maitre . Les deux bénéficiaires étaient ravis et se dirent curieux de mesurer les effets de ces remèdes quand l'occasion se présenterait ... ...
Puis les ambassadeurs abordèrent la question centrale de l'attitude à adopter par rapport aux troubles importants qui se déroulaient dans la région . Messire Theuderic prit la parole en premier :
- Messires , je serais partisan de soutenir la monarchie osterlichoise , évitons de nous attirer les foudres du gouvernement osterlichois légitime . La faction des nobles me parait trop faible , dans le sens ou chaque noble local peut vouloir le pouvoir pour lui . Quand à l'ordre des strolazts, il me parait trop fanatique pour notre Okord plutôt tolérant .
Messire Hermès lui rétorqua :
- Nous devrions éviter de prendre parti dans quoi que ce soit surtout , ce serait la meilleure manière de risquer la mort . Ce n'est pas forcément bien de prendre le parti du Roi tant qu'on ne connait pas sa position sur Okord . De plus , prendre parti trop tôt , c'est aussi s'exposer aux agressions des autres factions très vite .
Puis le seigneur de Gwendal parla à son tour :
- Messires et Dame, nous percevons certes une aura de mystère et de complot dans les rumeurs que nous avons entendues, mais la réalité n'est peut-être pas beaucoup plus étrange et compliquée que la lutte habituelle pour le pouvoir qui se produit certainement dans tous les royaumes, et le notre n'y fait pas exception.
La pendaison d'un strolatz n'a pas semblé choquer les autorités locales autant que nous. Peut-être sommes-nous simplement déconnectés de la réalité locale? Ce qui n'est pas surprenant, puisque cela fait longtemps qu'aucun seigneur d'Okord ne s'est aventuré dans l'Osterlich. Il serait certainement judicieux de se renseigner davantage sur la situation. Si nous l'ignorons, qui peut garantir qu'elle n'aura pas de répercussions dans Okord?
Mon conseil est donc de procéder avec prudence.
Après avoir écouté les différents protagonistes, Theuderic repris :
- Vous avez raison Mes Seigneurs, gardons nous de prendre parti. Pouvons nous en revanche envisager une aide contre ces nomades ? Cela est mauvais pour les routes commerciales.
Aguilar lui répondit :
- C'est une idée intéressante , Messire Theuderic . Cela est en effet mauvais pour le commerce et une telle aide à Osterlich serait assurément une très bonne chose pour l'amélioration de nos relations , et cela sans pour autant entrer en guerre contre un royaume étranger puisque ces nomades ne sont plutôt que des tribus irréductibles. *Il marque un temps de réflexion avant de poursuivre* Pourtant, mes amis , si vos propos sont tous de bon sens et ont tous leur part de justesse , j'aimerais ajouter que je pense qu'il ne faut pas oublier ce qui nous amène ici et quel est notre mandat et notre mission .
Je ne crois pas que nous soyons ici pour soutenir l'un ou l'autre camp , quelques soient nos envies légitimes . Nous ne sommes ici que pour renouer des contacts avec les autorités osterlichoises et pour les remercier du prêt des terres au sud du Grand Canal , et si possible , pour trouver un accord durable concernant ces terres . De ce fait , à mon sens , nous ne devons pas prendre partie dans ces évènements , nous ne devons que nous rendre à Kalisz pour rencontrer les autorités du royaume , tout en essayant prudemment d'en apprendre le plus possible sur la situation osterlichoise , comme dit par messire de Gwendal . Les informations que nous pourrons glaner seront peut être précieuses à Okord dans l'avenir , en effet .
Et si Okord devait prendre position dans les évènements en cours , ou proposer une aide contre les nomades , ce ne pourrait être qu'après notre retour en Okord et ce ne pourrait être que le Roi qui prenne ces décisions , après avoir pris conseil et connaissance de ce que nous aurions appris pour éclairer ses décisions .
Si nous rencontrons des problèmes en route et qu'on nous demande de prendre parti , je pense que nous devrons refuser et dire que nous sommes une ambassade officielle d'Okord qui se rend à Kalisz rencontrer les autorités et qui n'a pas à se mêler des évènements en Osterlich dont nous ne savons rien .
Après un temps où ces propos furent discutés et débattus , Aguilar reprit la parole :
- Et pour finir, je remarque que personne n'a évoqué l'idée de faire demi-tour en raison des dangers potentiels et d'annuler notre mission. Je m'en réjouis et j'espère que nous n'aurons pas à le regretter . Nous allons donc continuer notre route vers Kalisz dès demain et tenter de mener à bien cette ambassade pour le bien d'Okord .
Les ambassadeurs finirent par se mettre tous d'accord sur le fait de poursuivre leur mission et pour ne traiter qu'avec les autorités royales et ne pas prendre de parti particulier dans les luttes de pouvoir qui agitaient le pays. La soirée se poursuivit moins sérieusement, chacun profitant de ce moment de repos pour échanger ses impressions sur Osternkirchen et ses habitants, avant d'aller se coucher, pas trop tard , puisque la route reprendrait dès le lendemain tôt .
Dernière modification par Max (2026-04-19 00:39:05)
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--se passe avant la réunion de l'ambassade et après qu'Hermès soit sortie de l'église--Après avoir fait semblant de prié avec les autre fidèle, Hermès sorti de l'église, avec l'inquiétude d'avoir grillé sa couverture, il lui fallait réfléchir à son rôle de pèlerin zélé, celui ci n'était apparemment pas encore assez crédible, heureusement ils quitteraient bientôt la ville, même si le prêtre signale sa présence au autorité, il serais loin, le temps que les autorité identifie qui il était, il aura disparu dans la nature.
il vu l'intendant d'Aguilar, Estelle et Lancelin, mais ne se préoccupa pas immédiatement d'eux, il fît signe à Arès et Orphée de le rejoindre, puis il se dirigea vers les réfugiés.
il chercha des réfugiés isolés, affaibli, affamé, ayant trouvé ce qu'il semblais chercher il s'approcha d'eux discrètement.
il leurs tendis une pièce d'or, puis s'adressa à eux en Osterlichois
"dites moi ce que vous savez, et vous en aurez une deuxième et peut être plus si vos réponses me satisfont, j'ai besoin de savoir ce que votre peuple pense d'Okord, la haine des Osterlichois envers Okord est-elle toujours présente? existe-t-il des seigneurs ou des strolatz qui souhaite récupéré leurs terre d'Okord prêté par le roi Baldir? et quel raison le roi a donné à votre peuple pour cette soudaine générosité? depuis quand ces invasion nomades ont commencé? savez vous si il existe des nomades avec lesquels votre peuple discute et où les trouver?, si vous arrivé à me prouver la véracité de votre propos ou que vous m'indiquez où obtenir ces informations, c'est dix pièces en tout que je suis prêt à vous donné "
Dernière modification par GrandJarl (2026-04-19 14:41:15)
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Le Grand Jarl Actuel: https://www.okord.com/ranking.html?profile-21203
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Les yeux d’un des réfugiés s’alluma de convoitise lorsqu’Hermès lui présenta la pièce d’or, qu’il saisit au vol. Le visage de marbre face à l’avalanche de questions, il croqua la pièce pour confirmer sa nature, avant de répondre dans un lourd accent rural.
- Okord, c’bhein loin. J’ai d’jà assez d’chats à fouetter à m’occuper d’mes bêtes et d’ma famille, alors le reste… Pis c’pas les okordiens qui sont v’nus détruire nos maisons, c’est ces foutus nomades du sud. Le paysans haussa les épaules. Moi j’sais pas c’qui est passé par la tête du roi Baldir quand il a donné les terres, et j’crois bien qu’beaucoup d’seigneurs non plus. Ils lui ont beaucoup voulu pour ça. L’est mort d’maladie, mais paraît qu’certains auraient un peu accéléré son départ dans la lumière d’Podeszwa…
Le réfugié se fit plus animé au sujet des nomades.
- C’te bande de barbares sont arrivés ‘vec les premiers beaux jours du printemps, mais ils tâtaient l’terrain depuis l’an dernier, déjà. Alors ouais, paraît bhein que certaines tribus ont été converties à la vraie foi, mais sont pas v’nus nous aider. On en aurait même pas b’soin, gronda-t-il, si cette foutue bande d’seigneurs, le diakon, l’archi-duc et l’autre Grand-maître, là, ils arrrêtaient d’se chamailler pour défendre leur peuple ! Il se retourna vers d’autres réfugiés non loin, qui murmuraient en réaction à ses propos. Quoi, j’pas raison ?!
La délégation okordienne laissa Ostenkirchen et son burgheister derrière elle, accompagnée d’une dizaine de miliciens à cheval, ayant pour ordre de les escorter jusqu’à Pomorze. La route continua à s’enfoncer vers le sud-ouest, où alternait plaisantes forêts et larges étendues de prairies. Les villages semblaient aléatoirement peuplés, certains entièrement vidés, d’autres occupés par quelques habitants méfiants devant les okordiens, d’autres, généralement ceux ayant à minima une palissade fortifiée, grouillant de vie dans et autour de l’enceinte. Des chariots brisés, carcasses de chevaux et plus rarement des cadavres pourrissants sur le bas-côté attestaient des actions nomades dans la région ces dernières semaines. À l’horizon, bien plus loin au sud, apparaissait la silhouette de la Chaîne de Yolfer, la chaîne montagneuse qui délimitait la frontière entre Osterlich et les Marches des Fournaises.
Ce fut au détour d’une route que les okordiens eurent leur premier aperçu de Voratzé. Comme l’avait dit en termes si simples le sergent Maruch, la forteresse-monastère valait effectivement le coup d’œil.
L’endroit était à l’évidence fort ancien, comme en témoignait ses bâtiments, construits dans des styles différents, de pierres différentes et dans des états de conservation variables, parfois même d’un étage à l’autre. Au sommet de la plus haute bâtisse trônait le monastère en tant que tel, en pierres vertes, bleues et rouges, aux arcades et murs plus ronds et fins, se distinguant des bâtiments plus carrés et rustauds du reste de la forteresse.
Le mur d’enceinte était dans un état inégal, parfois partie intégrante d’un bâtiment, plus souvent dans un état dégradé, voire même carrément de ruine. Ses habitants semblaient avoir toute confiance envers les façades escarpées du pic sur lequel se tenait le monastère pour décourager les envahisseurs. Un unique et robuste pont en pierre reliait l’endroit à un mont proche, à la pente plus douce et plus accessible pour les voyageurs, bien qu’un chemin de terre étroit et peu praticable sillonnait le long du pic, jusqu’à un ascenseur inspirant peu confiance, fait de cordages et d’un bac en bois, qui permettait d’accéder à l’entrée de la forteresse.
Peu après que la colonne diplomatique se soit engagée sur la route, les habitants du monastère semblèrent s’agiter, puisque trois petits points, qui s’avérèrent être des cavaliers, traversèrent au trot le pont et descendirent la colline pour se placer près d’une intersection en T, qui menait soit au monastère, soit vers Pomorze.
Alors que les éléments de tête joignaient le croisement, le lourd harnachement des cavaliers ne laissait plus de place au doute : ils avaient affaire à des strolatzs.
L’un d’entre eux fit avancer son cheval et s’arrêta à quelques mètres des okordiens. Il enleva son heaume, révélant un homme quelque part entre la trentaine et la quarantaine, cheveux bruns coupés courts, moustache soigneusement entretenue, le visage hâlé par les éléments et le regard calme, mais ferme des individus sûrs de leur statut social. Après un salut digne à la Siostry, il prit la parole dans un okordien fluide, bien que marqué par l’accent osterlichois.
- Okordiens, nous avons été informés de votre visite diplomatique en Osterlich. Que la lumière de Podeszwa éclaire votre chemin ! conclua-t-il. Le commandeur Suliwoj désire vous rencontrer, et vous offre l’hospitalité pour la nuit.
Jet d’empathie (diplomatie) d’Hermès pour estimer la véracité du réfugié :
12 (échec), Hermès n’a pas plus d’indices sur le discours du paysanMJ d'Okord.
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Cette action se déroule alors que l'ambassade arrive en vue d'une intersection en T , qui mêne soit au monastère de
Voratzé , soit vers Pomorze , avant que le groupe de strolatz ne vienne présenter l'invitation du commandeur Suliwoj . Alors que l'ambassade cheminait depuis le matin et arrivait à une intersection , Frère Hank , l'intendant de Siostry Vespasia , se porta vers la tête de colonne et s'adressa à Aguilar .
- Seigneur, Siostry Vespasia vous demande de vous porter sans attendre à son niveau. Elle souhaite vous parler sans tarder .
Aguilar , surpris de cette demande inhabituelle , suivit sans mot dire l'intendant le guider jusqu'à Dame Vespasia . Arrivé jusqu'à elle , le spectacle qu'il vit lui fit un choc au cœur . Siostry Vespasia avait du mettre pied à terre . Elle était étendue en bordure du chemin sur une natte étendue là pour elle en urgence , et deux de ses gens lui faisaient de l'ombre en tendant au dessus d'elle des tentures de fortune . Gauthier de Saint Gobain était penché à ses cotés et tantôt la ventilait de son mouchoir , tantôt la faisait boire . Siostry Vespasia était livide et faisait peur à voir .
Aguilar avait senti une boule lui nouer les tripes instantanément . Il sauta à terre et se précipita vers son amie .
- Dame Vespasia ! Que vous arrive t il , mon amie ? *Mais il se contrôla , ne voulant pas ajouter son inquiétude aux difficultés de la Siostry , et il reprit plus calmement , affectant un air serein* La route vous a fatiguée , c'est que nous ne rajeunissons pas , vous et moi . Nous pourrions ralentir un peu le rythme aussi , au lieu que de suivre un rythme pareil , on dirait que l'avenir d'Okord est en jeu . Haha ! *Aguilar riait jaune et son rire sonnait faux* Baldir , ou Wilhelm puisque maintenant c'est wilhelm , peut bien nous attendre quelques jours de plus , cela fait des ères qu'il nous attend .
La siostry semblait ne pas l'entendre et gardait les yeux clos . Pourtant elle trouva la force de les ouvrir , et la fièvre qui les faisait briller ardemment effraya encore plus Aguilar qui était maintenant franchement très inquiet . Il ne pouvait plus désormais douter , entre la pâleur de son teint et la brillance de ses yeux , que Dame Vespasia avait un grave problème . Il reprit :
- Siostry , nous allons faire halte au plus tôt et nous ferons étape quelques jours s'il le faut , afin de vous laisser vous reposer avant de reprendre la route .
Mais la Siostry fit non de la main et retrouvant un peu de forces , se redressa assise avec l'aide de Saint Gobain , et après avoir bu un peu , dit à Aguilar :
- Aguilar ! … Mon ami ... Je suis bien mal ... Je n'ai plus la force de vous suivre ... Quelques jours de repos n'y suffiront pas ... ils ne me rendront pas plus jeune .
Aguilar ne pouvait plus prononcer un mot . Après avoir haleté un moment pour reprendre souffle , Vespasia reprit :
- Je suis terriblement déçue de ne pouvoir rencontrer Wilhelm à Kalisz avec vous . J'aurais tant aimé plaider notre cause à vos cotés . Mais je ne peux plus . Je dois vous laisser . Je vais rentrer à mon rythme jusqu'à ma bonne ville de Krakow où je tenterais de me remettre , si l'Unique en a décidé ainsi pour moi .
Reprenant à nouveau son souffle :
- Allez , mon ami . Menez nous à bien cette ambassade et revenez nous avec de bonnes nouvelles de Kalisz . Je prierais l'Unique de vous guider par sa lumière , nous sommes tous entre ses mains .
- Vespasia ... vous savez ... trouver les mots … tant à dire … … *Aguilar ne put en dire plus , tant il avait la gorge serrée*
- Bien sur , Aguilar , je sais ... Partez en paix maintenant .
- Prenez soin de vous , mon amie , et à bientôt ... à Krakow ou ailleurs .
Aguilar remonta en selle , adressa un dernier regard brouillé à son amie , puis se dirigea lentement vers la tête de la colonne , le plus lentement possible pour lui donner le temps de ravaler sa peine et de reprendre contenance . L'heure viendrait de se laisser aller à sa peine , mais ce n'était pas maintenant .
Arrivé au niveau des autres ambassadeurs , il leur annonça la mauvaise nouvelle d'une voix noire . Passé la stupeur , les commentaires déçus et les réactions , la colonne reprit sa marche vers le carrefour en T . L'ambassade comptait maintenant un membre de moins .
Dernière modification par Max (2026-05-04 00:29:59)
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L'ambassade était arrivée au niveau du carrefour en T et avait écouté le groupe de strolatz venu à leur rencontre leur transmettre l'invitation du Commandeur Suliwoj. Messire de Gwendal s'avança alors de quelques pas et pria les strolatz de leur laisser un moment pour se concerter.
S'étant réunis en retrait , les ambassadeurs échangèrent leurs points de vue . Messire de Gwendal prit la parole en premier :
- Je ne pense pas que nous devrions rester ici. Souvenez-vous, les deux seuls responsables à qui nous avons parlé jusqu'à présent ont tous deux manifesté une certaine méfiance envers l'Ordre du Rameau! Et je crois qu'ils pensaient pire que ce qu'ils ont dit... Ce monastère est trop isolé et il serait difficile de partir si nous étions retenus contre notre gré. Je ne prétends pas que ce soit réellement l'intention des Strolatz, mais en tant que soldat, mon instinct me dit de ne pas me laisser piéger dans un lieu reculé contrôlé par des gens dont la loyauté est incertaine.
Comme personne ne lui rétorquait quoi que ce soit , il reprit :
- Il y a aussi une autre raison pour laquelle nous ne devrions pas nous arrêter: la menace des Nomades. Le Bourgheister semblait croire que nous pouvions nous rendre à Kalisz sans danger pour le moment, grâce à la victoire momentanée de l’archiduc Pawol. Mais qui peut dire que les Nomades ne riposteront pas? Si tel est le cas, la route vers Kalisz pourrait être coupée, rendant notre ambassade quasiment impossible!
Messire Theuderic , alors qu'il s'était émerveillé de la beauté des paysages sur le chemin vers Voratzé, avait posé par mal de question sur l'histoire de l'Osterlicht à Eudes qui lui avait conté ce qu'il savait , se sentait manifestement plus mal à l'aise depuis qu'ils étaient arrivés au carrefour quand il avait vu les strolatz . Ces combattants religieux lui provoquaient un certain malaise , lui qui avait été élevé sans réelle foi, et qui ne savait que quelques prières aux anciens dieux . Méfiant , il n'hésita pas à dire discrètement à ses hommes de renforcer leur sécurité avec des simples serviteurs.
Messire Aguilar prit ensuite la parole :
- Messire de Gwendal , faire du tord à une ambassade officielle d'okord n'est pas mince affaire . Je vois mal l'intérêt qu'aurait à y trouver le commandeur , tout au contraire . De plus , s'il avait de mauvaises intentions à notre sujet , je ne pense pas qu'il aurait pris la peine de nous faire inviter et que c'est une délégation autrement composée à laquelle nous aurions à faire en ce moment . Par contre , refuser une invitation officielle pour la nuit serait à juste titre bien mal perçu , assez offensant , je pense , et une curieuse manière de manifester notre volonté de rapprochement de nos deux royaumes , ne croyez vous pas ?
Il reprit :
- Je vous rétorque également qu'il n'est pas question de s'attarder dans ce monastère puisque nous n'y ferions qu'étape pour la nuit . Cela ne nous retardera donc pas sur la route de Kalisz et la menace nomade ne s'en trouvera pas plus grande que si nous campons un peu plus loin . De plus , rien ne nous dit que ce monastère est sous l'influence du "Rameau" , et ce que nous savons du "Rameau" n'est que ce que nous en ont dit une ou deux personnes , leurs avis sont peut être faussés ou partisans . Je pense que cette invitation est peut être l'occasion d'en apprendre plus sur la situation et les factions osterlichoises , de compléter nos informations par des points de vues différents . Je ne vois donc pour ma part aucune raison de refuser cette invitation , au contraire , je l'apprécierais plutôt .
Les échanges reprirent de plus belle entre tous les ambassadeurs , chacun argumentant pour sa position avec son voisin , puis discutant celle d'un troisième . Elevant la voix pour dominer le brouhaha , Aguilar ajouta :
- Toutefois messires , je n'ai aucune volonté de vous faire agir contre votre gré , tant que cela ne menace pas directement notre mission . Aussi , je pense que le seigneur de Gwendal , ainsi que ceux qui partagent son analyse , pouvez chercher un prétexte plausible pour ne pas passer la nuit chez le commandeur , alors que moi et ceux qui le souhaitent honoreront son invitation . Ainsi nous sauverons les apparences sans nuire à notre mission , et nous pourrons continuer de glaner des informations sur la situation en Osterlich auprès du commandeur . Vous pourriez prétexter une visite que vous tenez à rendre à quelques lieues d'ici pour ne pas passer la nuit au monastère , ou que sais je ? Ce n'est pas ma préférence , mais si cela vous convient mieux ... Qu'en dites vous ??
Après un mot discret d'Estelle, Jan s'excusa un instant et se mit à parler avec sa fille. La conversation s'anime alors rapidement, et Wim l'écuyer et Noisette la jument se joignent à la discussion. Au bout de quelques minutes, Jan revient vers le groupe et, avec une expression entre obstination et résignation, annonce :
- Messires , je camperais donc dans les environs pour la nuit *Comme il parait encore très inquiet concernant le monastère , il ajoute* Je vous conseille de tenir des hommes prêts à me porter un message au cas où vous pressentiriez le moindre danger. Je vous supplie également de permettre à ma fille de vous suivre au monastère, parce qu'elle est très tetue... hum, je veux dire très désireuse de visiter cet endroit.
Chacun ayant pris sa décision , il fut finalement décidé que les seigneurs Aguilar , theuderic , Gronog , Hermès ainsi que Estelle , la fille du seigneur de Gwendal , se rendraient au monastère à l'invitation du Commandeur Suliwoj . Et que le seigneur de Gwendal prétexterait de tenir à raccompagner pendant un bout de chemin son amie Siostry Vespasia , qui venait juste d'être obligée de rebrousser chemin en raison d'un état de faiblesse inquiétant , sur la route du retour vers Okord .
Dernière modification par Max (Aujourd'hui 01:25:59)
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