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#1 2026-02-28 19:40:29

Guyard Phauques (PNJ)
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L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

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Dire que le royaume d’Okord et d’Osterlich entretenait des relations compliquées tenait de l’euphémisme. Le genre d’euphémisme à faire soupirer l’érudit, et bailler les estudiantins forcés de subir les cours d’histoire dans les universités abrasiliennes.
C’est que les deux monarchies n’avaient, au fil des siècles, jamais vraiment réussi à se comprendre. L’affaire était mal partie dès le départ, lorsque les royaumes furent fondés presque simultanément après l’effondrement du Khanat Ytésien. Alors qu’Okord, grand bouillon culturel de ce morceau de continent, adoptait une monarchie « élective », où les candidats exprimaient vigoureusement leurs qualités à la tête de leurs armées, l’Osterlich empruntait une toute autre voie. Peuplée de tribus adeptes du dieu unique Podeszwa, cette foi exclusive allait façonner une identité aussi souple et perméable aux échanges culturels que la muraille d’une forteresse.

Après quelques générations d’ignorance cordiale, les choses avaient évolué pour le pire suite à l’invasion de la reine des steppes Yselda. Venue du sud, ses tribus nomades avaient ravagé l’ouest de l’Osterlich avait de déferler en Okord, où l’épopée barbaresque s’était achevée à la bataille de Trézidad.
Les conséquences se firent sentir bien plus durablement en Osterlich. Ses régions les plus peuplées dévastées, partiellement colonisées par les envahisseurs des steppes méridionales, ainsi que la mort inopportune de Baldir XXXII précipitèrent la partie occidentale du royaume dans le chaos. Surpeuplé et galvanisé par sa récente victoire, le royaume d’Okord lança ses armées par-delà le Grand Canal et annexa les régions du Sudord et de l’Esterord. Le péché originel était né.

Après avoir remis de l’ordre dans ses domaines, le prometteur Baldir XXXIII tenta de reconquérir ses territoires perdus. Non content d’échouer, il y laissa la vie malgré une situation politico-militaire largement en sa faveur. Les okordiens devinrent l’ennemi juré, le croque-mitaine des chaumières du royaume.
Malgré son stupéfiant échec, Baldir XXXIII eut un succès imprévu et aux conséquences durables : l’introduction du culte de Podeszwa en Okord.

Quelque peu assagis, les okordiens lancèrent en l’ère XVI leurs grandes expéditions tous azimuts, curieux de rencontrer leurs voisins dans des conditions moins belliqueuses. Ils rencontrèrent en Osterlich des résultats contrastés. À la méfiance historique s’ajoutait un contexte difficile, celle d’une guerre de succession après la mort de Baldir XXXIII, chaque moitié du royaume ayant son candidat. Faute de moyens et de volonté politique, les expéditions n’avaient pas eu d’effets au-delà des découvertes initiales. Tout au plus quelques nouvelles visites avaient tenté d’étudier la situation entre le royaume et ses frontières nord-est, bordées par les steppes glaciales des héritiers du khanat ytésien. Pour le reste, à l’instar d’un chat ébouillanté, l’Osterlich s’était sagement tenu à distance des querelles de pouvoir de leur turbulent voisin.

La situation avait bien sûr basculé lors de la Rückeroberung, la revanche d’Osterlich, lancée sous l’ambitieux Baldir XXXIV. Après la gargantuesque bataille du camp des Tentes Dorées, où tous les participants s’affirmèrent vainqueurs, une paix négociée fit revenir les provinces perdues dans l’escarcelle osterlichoise. Pour mieux revenir en Okord suite à la surprenante offre du roi Baldir XXXV.
Les okordiens ignoraient encore à l’heure actuelle les raisons d’une telle décision, à rebours de toute l’histoire diplomatique entre les deux royaumes. Peut-être était-ce cet étrange et gracieux geste qui avait attisé la curiosité des diplomates.
Österlich, Osterlich, Osterlicht. Les multiples noms par lesquels Okord désignait leur grand voisin témoignait de la longue histoire entre les deux royaumes. Et ils en savaient pourtant encore si peu.


Ils avaient d’abord lancé des messages au roi d’Okord pour annoncer leur départ, ainsi qu’à Kalisz, dernier lieu de vie connu des rois d’Osterlich par les okordiens, pour annoncer leur arrivée prochaine. L’expédition diplomatique avait ensuite quitté par une froide matinée Epyss Troff, grande capitale de la famille Troff, et l’une des plus grandes cités du Sudord. Les dieux étaient cléments en cette contrée, et le soleil eut tôt fait de réchauffer les os des membres du convoi, alors que la noble délégation partait pour le sud.
Dépeuplées par les conflits, les migrations et les épidémies, les terres entre le domaine des Troffs et l’Osterlich, déjà spectaculairement montagneuses, n’étaient guère prometteuses pour le voyage. Aussi le convoi prit la direction du sud-ouest, rejoignant la cité portuaire de Poznań, fief de la Siostry Vespasia, également du voyage. Là, ils purent remonter le fleuve jusqu’à la Ponalie, paisible territoire du seigneur Hildor, débarquant à Fort Rossignol, et traversant sa passe avant de descendre vers les plaines méridionales.

Deux jours de marche plus tard, sans prévenir, le paysage changea subtilement, annonçant l’entrée dans le royaume d’Osterlich. La région était vallonée et fertile. Si de grandes falaises blanc calcaire bloquaient leur horizon, au loin vers l’ouest, le reste du paysage était grouillant de vie, tant végétale qu’animale. Il suffisait à la délégation de suivre les larges routes en terre pour tomber au détour d’une colline sur un autre village, avec ses champs cultivés et des hameaux animés. Sans être particulièrement inquiets face à la délégation de quelques dizaines d’hommes, dont le rythme de sénateur excluait des intentions hostiles, les paysans locaux ne se montraient ni loquaces, ni très renseignés quand les interprètes parvenaient à ouvrir le dialogue avec eux. Tout au plus pouvaient-ils compter sur une rustre hospitalité le temps d’une nuit, lorsque l’étape s’arrêtait dans un village capable d’accueillir leurs effectifs, et des discussions oiseuses dans le patois qui caractérisait la population du coin, à cheval entre le sudordien et l’osterlichois

Suite à plusieurs jours de routine bucolique, la délégation baissa doucement sa garde, tant la région semblait vivre dans une bienheureuse quiétude, épargnée des turpitudes qui forment le lot ordinaire des gens du peuple. Eudes, le perspicace interprète de Theuderic, indiquait toutefois sentir une méfiance de plus en plus accrue chez les paysans, à mesure qu’ils s’enfonçaient vers le sud.
Ses soupçons se trouvèrent confirmés lorsque les ambassadeurs quittèrent les collines pour rejoindre une plaine. Bien qu’encore largement éloignée des steppes d’Yselda, l’influence aride se faisait déjà sentir, et les arbres se faisaient plus espacés.
La route qu’ils suivaient rejoignit une autre, hasardement pavée, qui se dirigeait vers le sud-ouest. Après encore quelques heures de marche, ils atteignirent un croisement, où un vieux panneau en bois usé par le temps indiquait pour la route de gauche « Mecklenbach », puis « Klotzen », et à droite « Ostenkirchen », puis « Pomorze », et encore en dessous « Kalisz » en osterlichois. Plusieurs des plus attentifs membres de la délégation se raidirent sur leur selle, distinguant sur leur droite, là où les falaises de calcaire se rapprochaient de la route, un fin sentier sillonnant son flanc le plus praticable, menant à ce qui ressemblait furieusement à des habitations taillées à même la roche. Gronog, de son côté, semblait tout à fait obnubilé par les plantes au bord de la route, songeant sans doute au potentiel gustatif de ces dernières.

Ce ne fut toutefois ni le panneau, ni les masures troglodytes qui attirèrent l’attention des hommes d’arme à la tête de la colonne, mais un groupe d’une dizaine d’hommes quelques dizaines de mètres plus loin, un peu à l’écart de la route. Pour la première fois depuis le début de l’expédition, les okordiens rencontraient des soldats armés osterlichois, sans doute issus d’une quelconque milice communale. Ceux-ci observaient d’un air intrigué un arbre un peu plus loin. En s’approchant, les ambassadeurs réalisèrent les raisons de leur perplexité. Quelqu’un eut un hoquet d’horreur derrière eux.

Quelqu’un pendait à l’une des branches du solide chêne. Nu, sa virilité à l’air, il ne faisait guère de doute que l’homme en question avait été dans la force de l’âge, et bien portant. Plus surprenant étaient ses uniques habits : un heaume de fer forgé noir, qui lui cachait le visage, et une cape en laine verte, qui avait la décence de tomber assez bas pour lui cacher le fondement, mais ne pouvait rien faire pour sa façade. Le cadavre oscillait doucement sur lui-même, la corde grinçant au rythme de la bise. Dos aux okordiens, le symbole sur la cape confirmait ce que le heaume pouvait déjà laisser soupçonner : le trikkel noir, l’insigne de l’ordre des Strolatzs.

Jet d'intrigue pour distinguer la construction troglodyte :
Aguilar : 10 (Réussite)
Theuderic : 8 (Réussite)
Jan : 19 (Échec)
Hermès : 19 (Échec)
Siostry : 9 (Réussite)
Gronog : 20 (Échec critique)

Bienvenue en Osterlich ! Please enjoy your stay…
À partir de maintenant, vous êtes libre d’explorer les environs et discuter avec les personnes autour.
Si votre question provoque une discussion, je reviendrai vers vous sur le canal de discussion pour élaborer le dialogue, qui apparaîtra dans
le prochain post.
Vous n’êtes pas forcés de rester précisément tous ensemble, mais le but n’est pas non plus de lancer des aventures parallèles. Une bonne règle 
générale est de rester à quelques dizaines de minute de marche des autres joueurs.

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Ombre Longue


MJ d'Okord.

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#2 2026-02-28 23:49:07

Aguilar de Vivesource
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Pensant retrouver , comme convenu pendant la préparation de l'ambassade en "Salle des projets diplomatiques" , à leur rendez vous en Epyss Troff les seigneurs de Gwendal , Theuderic et le représentant de Dame Talera , Hermes , Aguilar eut la surprise d'y retrouver en plus un représentant de la maison des neiges éternelles , le nommé Gronog , expert en les arts gastronomiques , que le Seigneur Bob avait envoyé au dernier moment pour nous accompagner . 

Mais une autre surprise l'attendait puisque son amie , la Siostry Vespasia , tout juste revenue de croisade avait également décidé de rejoindre l'aventure dès qu'elle en avait eu connaissance . Elle se joindrait à l'équipe lorsque celle ci passerait par son domaine en se dirigeant vers le sud ouest .

Aguilar se réjouissait de l'allure que prenait l'ambassade et des renforts qui la rejoignaient . Siostry Vespasia , éminence podeswyte , serait assurément un atout de plus dans leur entreprise . Et par ailleurs , cette mission promettait désormais de présenter des agréments qu'Aguilar n'imaginait pas au début , entre la bonne compagnie des participants et la bonne chère que l'on pouvait espérer avec un maitre coq tel que le sieur Gronog .

Le voyage commençait bien .

La première partie du voyage s'était parfaitement déroulée . Siostry Vespasia avait comme prévu rejoint l'expédition et Aguilar l'avait retrouvée comme à chacune de leurs rencontres avec un mélange de joie et de profond respect . Par ailleurs , le maitre coq Gronog n'avait pas failli à sa réputation et avait régalé plusieurs fois ses compagnons au repas du soir par des mets fort appréciés par tous . Cette bonne chère n'avait toutefois pas empêché lors des veillées du soir les discussions d'être des plus intéressantes vu la qualité et l'érudition de certains convives .

Ils avaient d'abord longé la rive sud du Grand Canal puis s'étaient enfoncés vers le sud Ouest , dans la direction de la capitale Osterlichoise , Kalisz . Aucun problème ne s'était donc présenté jusqu'à ce jour .

La troupe cheminait depuis la veille dans un paysage qui s'aridifiait au fil des lieues , prémices peut être des steppes d'Yselda , plus loin au sud . Aguilar plissait les yeux depuis un moment pour essayer de mieux distinguer ce qui lui semblait bien être au loin des habitations troglodytes , taillées dans une falaise calcaire sur leur droite .

Quand le groupe arriva à un croisement de la route , avec des panneaux de bois qui indiquaient les directions possibles . Mais ce qui distraya Aguilar de son observation des falaises fut le groupe qui se tenait face à un arbre , à quelques dizaines de mètres . Un groupe de soldats en armes . Le premier qu'ils rencontraient depuis leur départ . Toutefois , le plus inquiétant était ce que ce groupe semblait contempler : un soldat se balançait au bout d'une corde qui pendait d'une des branches de l'arbre. Pas n'importe quel soldat ... un Strolatz !

Aguilar stoppa sa monture . Se tournant vers ses compagnons :

- Eh bien Dame , Messires , on dirait que la quiétude de notre voyage vient de prendre fin et que les difficultés commencent . Que pensez vous de ca ?

Dernière modification par Max (2026-03-01 00:12:01)

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#3 2026-03-01 00:15:49

Talera Happs
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

jusqu'ici, Hermès et ses agents s'étaient contenté de cartographié les chemins, de mesurer les forces, à la vu du mort Strolatz il prit un air plus sérieux et inquiet.

Hermès et ses agents enquêtèrent les environs du mort à la recherche d'indice qui pourrais permettre de comprendre la raison pour laquelle ce strolatz a été pendu.

Jet d'action demandé

ensuite ils se tournèrent vers la délégation, en répondant à Aguilar, tout en s'adressant aussi au autre:

"à partir de maintenant, moi et mes agents sont des pèlerins, pour ne pas éveiller de soupçons, je pense que notre délégation devrais se présenter au autorité locale du village troglodyte que vous avez aperçu, et rapporter ce que nous avons trouver, il est extrêmement important pour notre délégation que les autorités locale nous pense pas impliqué dans quelque affaire que ce soit, sinon notre sécurité sera mise à mal, et votre mission d'amitié prendra sa fin. je propose que la siostry nous introduise auprès de ces derniers, nous pouvons bien sûr enquêter sur la raison pour laquelle ce Strolatz pend à un arbre, mais ce n'est pas la raison principale de notre venue, le moindre faux pas pourrais nous emmener dans des intrigues politique locale, ou face à des bandits, et je vous referais pas une tirade sur notre sécurité et la pérennité de votre mission"

une fois ceci dis, Hermès regarda autour en recherche d'indice sur de potentielle embuscade, et essaya d'identifié des points d'évacuation pour la délégation si jamais elle devais opérer une échappée

jet d'action demandé

Dernière modification par GrandJarl (2026-03-01 00:16:38)


vous trouverez ici une rapide explication et un historique de la maison: https://www.okord.com/ranking.html?profile-3451
Le Grand Jarl Actuel: https://www.okord.com/ranking.html?profile-21203

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#4 2026-03-01 08:28:23

Jan de Gwendal
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Jan médita sur les paroles d'Hermès tout en rechargeant sa pipe, puis s'adressa au reste de l'ambassade à voix basse.
«Cette situation pourrait constituer une distraction fatale pour notre mission. Ces hommes armés représentent manifestement les autorités locales: laissons-les gérer cette affaire peu agréable et reprenons la route.»

Sur ce, Noisette, la jument de Jan, laissa échapper un hennissement sonore et secoua la tete.
«D'un autre coté…» Jan sembla reconsidérer ses mots. «Cette scène est sans doute inhabituelle. D'ailleurs nous n'avions entendu aucune rumeur de troubles venant des régions frontalières avant notre départ. Il faut meme envisager la possibilité que les Osterlichois aient orchestré cette scène pour nous tester. Ils observent peut-etre notre réaction et nous jugeront en conséquence.»

«Enfin, le conseil de maitre Hermès de nous présenter à cette communauté pourrait s'avérer judicieux. En veillant à ne pas trop retarder notre voyage, bien sur. Si messieurs et dame partagent également cet avis, je n'y vois aucune objection.»
Jan alluma sa pipe puis observa les réaction de ses compagnons de voyage.

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#5 2026-03-01 22:40:29

Siostry Vespasia
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Vespasia avait remarqué le regard que Gauthier, son homme d'arme, posait sur le pendu. Ce n'était pas de la curiosité. C'était quelque chose de plus sombre, de plus méfiant — le regard d'un homme qui calcule un danger.
Gauthier s'approcha de la Siostry sans quitter le cadavre des yeux, la voix basse.

Ce trikkel me déplaît. Si quelque chose a tourné ici... si des esprits ont été corrompus, retournés contre Podeszwa... vous seriez une cible.
Vespasia ne répondit pas immédiatement. Elle observait elle aussi le corps qui oscillait doucement, la cape verte, le heaume de fer forgé qui cachait ce visage qu'elle ne voulait pas voir.

Je ne vais tout de même pas me grimer ou quitter la robe de Siostry, Gauthier.
La sécurité de la Siostry vaut tous les sacrifices, trancha-t-il, d'un ton qui n'admettait pas de discussion.
Le frère Hank, l'intendant de la Siostry pour ce voyage qui était resté un peu en retrait les mains croisées dans ses manches comme à son habitude, s'avança d'un pas mesuré. Jeune encore, mais le regard déjà posé.

Vous pensez trop vite, tous les deux. Il plissa les yeux vers le pendu. Un Strolatz ne se laisse pas pendre comme ça. Pas sans une sacrée bagarre. Il marqua une pause. À moins qu'il ait défroqué. Qu'il ne soit plus vraiment l'un des leurs. Ça expliquerait la mise en scène — lui laisser l'insigne pour le déshonneur, pas pour la gloire.

Il hésita un instant avant d'ajouter, plus doucement.
Ou... ce n'est pas un vrai Strolatz.
GA
Gauthier se tourna vers lui.
Des barbares ?
La région n'est pas loin des steppes. Hank haussa les épaules sous sa bure. Des gens qui auraient récupéré un équipement, ou voulu faire passer un message en usurpant leurs symboles. Je ne sais pas. Mais je préfère douter que supposer.

Vespasia s'arracha à la contemplation du pendu et porta son regard vers le reste de la délégation. Elle fit avancer sa monture vers Aguilar de Vivesource.

Seigneur de Vivesource, dit-elle en s'approchant de lui, je rejoins nos camarades dans leur avis. Il nous faut entrer en contact avec des autorités, ce groupe d'hommes devant nous, ou ceux que l'on trouvera vers ces habitations rupestres là-bas.

Elle marqua une pause, les yeux qui revenaient malgré elle vers le chêne.
J'aimerais également comprendre comment le symbole des Strolatz peut être traité de la sorte en ces terres. Cela m'inquiète autant que cela m'interroge.

Dernière modification par HernfeltMayer (2026-03-02 22:30:45)


Siostry Vespasia et toute sa clique, Aldric "Main-de-Sixte" Ravenswood, Amaury de Gavere, Le Denier, Maître Balthazar ou le Strolatz Wacław Kowalczyk.

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#6 2026-03-02 01:14:37

Aguilar de Vivesource
Inscription : 2023-07-20
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Dame Vespasia , je partage vos interrogations et j'aimerais moi aussi fortement comprendre ce qui se passe ici . Nous sommes en Osterlich , tout de même . Comment ce qui a tout l'air d'un strolatz peut il se balancer ainsi au bout d'une corde ? Cela n'est absolument pas normal ! Et je partage aussi votre avis et celui de nos compagnons . *S'adressant à tous* Comme vous je pense qu'il est temps pour nous désormais de prendre contact avec des autorités Osterlichoises , cela nous permettra de nous faire connaitre et de faire savoir notre mission .

Ne nous trompons pas , nous ne sommes pas ici incognito ou en mission d'espionnage , nous sommes une ambassade officielle du royaume d'Okord . Je pense qu'il est nécessaire de le faire savoir afin que la nouvelle nous devance par la rumeur , ainsi les autorités des régions que nous allons traverser seront informées et ne seront pas prises au dépourvu . Peut être même souhaiteront elles envoyer à notre rencontre quelque escorte afin de renforcer un peu plus notre sécurité .

Enfin , cela devrait nous permettre de nous informer de la situation politique des régions que nous allons traverser , s'il y a des troubles , etc ... Nous voyageons un peu à l'aveugle jusqu'ici , et cela n'est pas l'idéal pour notre périple . De plus , peut être aussi apprendrons nous quelque chose sur cette pendaison que nous découvrons .

Toutefois , avant de nous diriger vers ces habitations dans la falaise , comme nous sommes sur place , je crois qu'il nous faut demander à cet attroupement armé qui contemple le pendu ce qui s'est passé ici et pourquoi cet homme a été pendu . Peut être pourront ils nous renseigner dès maintenant , cette question est naturelle et ne peut éveiller de soupçons . Cela ne nous prendra que quelques minutes au plus .

Dans ce but , Plutôt que d'y aller tous , ce qui pourrait paraitre menaçant , nous pourrions envoyer nos spécialistes du combat , Ares , Gauthier , Wim et Gilbert l'enclume ? Ou l'un des quatre ? Avec un interprète qui parlera , bien sur , comme pour poser innocemment une question de curiosité bien naturelle . *Se tournant vers son interprète* Delépée , tu pourrais faire ca .

Que pensez vous de tout cela , Dame , messires ?

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#7 2026-03-02 21:19:19

Theuderic
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

- "Vous avez raison seigneur Aguilar !" Déclara Theuderic.

Se tournant vers son intendant:

- "Mon cher Eudes, veuillez vous tenir à la disposition de Delépée pour le seconder."

Le vieil homme acquiesça. - " Bien mon seigneur."

Theuderic s'écarta discrètement et s'adressa à ses homme de main.

- "Les gars, rappelez vous de notre mission principal, entrez en contact avec nos collègues ici en Osterlich."

Ses deux compères firent oui de la tête.


Terre de Norbury

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#8 2026-03-03 16:40:59

Siostry Vespasia
Inscription : 2023-07-28
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Il s'appelait Borée.
Pas par fantaisie, parce qu'il était vraiment né un matin de grand vent du nord, dans les écuries du domaine de Poznań, et que Lancelin avait assisté à l'événement par accident en cherchant un endroit tranquille pour échapper à un précepteur particulièrement acharné. Ce souvenir avait scellé une alliance. Borée était un étalon roan, gris-bleuté comme un ciel d'orage, avec une encolure qui tenait plus du destrier de tournoi que du cheval de voyage, et un caractère qui ne se laissait monter que par Lancelin, ou par les gens qui ne tenaient pas suffisamment à leur vie pour essayer.

Il avançait avec cette démarche un peu arrogante des chevaux qui savent qu'ils sont beaux, tête haute, foulée longue et régulière, méprisant ostensiblement les cailloux de la route Osterlichoise comme s'ils étaient une offense personnelle.
Lancelin, sur son dos, avait l'air d'avoir été posé là par la nature elle-même.

Il n'écoutait pas. Enfin, il entendait. Les voix portaient bien dans l'air sec de la plaine, et le mot mort revenait suffisamment souvent pour qu'il ait capté l'essentiel en quelques secondes. Un homme pendu. Un Strolatz. Des miliciens qui regardaient. Tout le monde qui discutait pour savoir s'il fallait s'approcher, comment s'approcher, avec qui, avec quoi, en disant quoi, après avoir prévenu qui.
Lancelin soupira.

Il tourna légèrement les talons. Borée comprit, il comprenait toujours, et s'élança au petit galop sur le bord de la piste.
La colonne défilait sur sa gauche. Les valets d'abord, les chariots de matériel, les hommes d'arme en rang serré. Gronog, perdu dans la contemplation des herbes du fossé. Frère Hank qui notait quelque chose sur un rouleau sans lever les yeux. Eudes l'interprète qui marmonnait dans sa barbe. Jan de Gwendal sur Noisette. Theuderic. Hermès et ses gens.

Puis Estelle de Gwendal.
Borée ralentit d'un souffle, pas sur ordre. Lancelin ne tourna pas la tête franchement. Juste assez. Le temps d'un regard en biais et d'un sourire, le plus beau, celui qu'il réservait aux occasions qui le méritaient, franc et lumineux et parfaitement conscient de lui-même. Pas un mot. Pas besoin.

Borée reprit son allure.
Lancelin dépassa le reste de la colonne sans y prêter attention, dépassa Aguilar, dépassa Gauthier, et d'un petit geste de la main, vague, cordial, adressé à tous et à personne, franchit le front de la délégation.
Cinquante mètres. Les miliciens.

Le jeune homme ne s'attarda pas sur eux. Ils étaient là, ils regardaient, la situation semblait stable — autant dire qu'ils ne l'intéressaient pas encore. Ce qui l'intéressait, c'était l'autre.
Borée contourna le groupe de soldats au pas, naturellement, comme si la route l'avait simplement amené là. Lancelin ne regardait pas les miliciens, il regardait le pendu, la tête légèrement inclinée, avec cette expression de quelqu'un qui essaie de résoudre un problème modérément intéressant. Il passa devant eux comme on longe une haie, leur accordant le même bref hochement de tête distrait qu'il aurait accordé à des paysans croisés sur un chemin de campagne.
Il sentit leurs regards.

Borée s'arrêta sous le chêne, parfaitement placé, la hauteur du cheval mettait Lancelin exactement au niveau du pendu, presque face à face. La corde grinçait doucement. L'homme oscillait à quelques pouces de lui.
Lancelin l'examina en silence. Le trikkel sur la cape. Le heaume de fer forgé noir. Nu en dessous, ce qui était franchement une façon singulière d'être enterré, ou de ne pas l'être.

Bizarre comme tenue pour mourir.

La cape verte pendait sur le cadavre. Le symbole dans le dos, il l'avait aperçu en passant. Il cherchait si un détail lui avait manqué.

Il tendit le bras vers le corps.

Dernière modification par HernfeltMayer (2026-03-03 21:01:50)


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#9 2026-03-04 22:23:05

Guyard Phauques (PNJ)
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Chef improvisé de la délégation, Aguilar se raidit sur son cheval.
- Très bien ! Tout le monde étant d'accord, Delépée et Messire Eudes, allez interroger ces soldats sur cette pendaison. Nous vous attendons ici puis vous nous raconterez ce que vous avez appris avant que nous allions ensemble jusqu'aux habitations dans les falaises.
Les deux interprètes firent avancer leurs canassons au pas, le solide espion Arès à la solde d’Hermès et le capitaine de Saint Gobain, qui, sur un geste de la Siostry, les suivirent dans leur sillage.
Les quatre hommes de main se plantèrent à côté des soldats, observant sans un mot le pendu se balançant au bout de sa corde. Après un bref signe de tête, Eudes décida de briser le silence en engageant la conversation en osterlichois.
- Bonjour soldats. Que s'est-il passé ici, pourquoi cet homme a-t-il été pendu ?
Un solide gaillard de taille moyenne, les joues drapées d’une barbe épaisse se retourna vers eux. Enfermé dans un surcot légèrement trop serré pour son tour de taille, il tenait trop fermement la poignée de l’épée qu’il avait accroché au ceinturon.
- Pourquoi ? répéta-t-il en haussant les épaules. Je s’rai bien incapable de dire pourquoi. Il a emmerdé le paysan qui fallait pas, ou lever la taxe de trop dans un village à bout, je suppose.
Il reporta son visage sur le pendu.
- J’lai connu. Frère Dobiel de Pradwody, de l’Ordre du Rameau.
Le barbu soupira lourdement.
- Il avait disparu depuis deux semaines. C’était pas le meilleur, mais pas le pire de son espèce. Il fixa le cadavre d’un regard morne. En attendant il a fini comme les autres.

Pendant qu’il déblatérait, ses hommes tentaient comme ils pouvaient de décrocher le cadavre. La corde avait sans doute été attachée par un acrobate aguerri, tant elle se trouvait parmi les plus hautes branches du chêne. Comme l’indiquait les sabots au sol, l’homme avait été surélevé à sa potence à dos de cheval, avant de l’en faire chuter une fois la corde au cou. La gravité avait fait le reste.
Toujours est-il que les gardes osterlichois, tous fantassins, avaient le plus grand mal à l’en décrocher. Incapables – ou pas assez casse-cous pour grimper dans la cime, ils tentaient tant bien que mal de rompre la corde en tirant le pendu par les pieds. L’un d’eux essayait même pitoyablement de scier la corde avec la pointe de sa lance, qui griffait de temps à autre le casque du cadavre.
- Broyel, aboya l’officier, arrête tes conneries ou je te plante cette lance dans l’cul !
Les gardes étant bien occupés, les hommes d’Hermès purent discrètement et méticuleusement observer les environs. Rien ne laissait présager que la scène était autre chose que ce qu’elle semblait être : des gardes devant une scène de meurtre, et bien incapable de la nettoyer. La forêt, relativement espacée, offrait une vue raisonnablement dégagée sur les alentours et éloignait la possibilité d’un traquenard. Outre les traces de sabots, de nombreuses empreintes de pas avaient aplatis l’herbe aux alentours, comme si l’exécution avait été l’occasion d’un rassemblement improvisé. Bien malin, toutefois, aurait-été celui qui aurait pu dire pourquoi ce strolatz était mort dans des conditions aussi dégradantes.

Pendant que chacun gérait ses affaires, la conversation continuait entre l’officier et les interprètes.
- Comme les autres ! Parce qu'il y en a eu beaucoup qui ont fini comme ça ? s’exclama Delépée, l’érudit à la solde d’Aguilar.
- C'est devenu une habitude de pendre des strolatz par ici ? ajouta Eudes, avant que l’osterlichois puisse ajouter quoi que ce soit.
Celui-ci eut un ricanement sombre.
- On peut dire ça, oui. Z’êtes pas du coin, hein ? Sûr que non, des strolatzs morts, on en trouve bien un par mois, ces derniers temps. L’exécution d’cette pauv’ meunière par noyade l’été dernier, ça a vraiment été l’incident d’trop. Surtout qu’on sait très bien qu’le grand maître faisait ça pour se venger du mari qu’y avait r’fusé d’céder son moulin à l’ordre. Au lieu d’se calmer, ils continuent d’resserrer la vis. Moi j’veux bien appliquer la loi, mais ça… L’officier haussa une nouvelle fois les épaules d’impuissance. T’façon tout le monde s’en carre l’oignon, de mon avis. Alors j’ramasse les cadavres avec mes gars. Il tendit soudainement sa main à Eudes. Moi c’est Maruch, d’ailleurs. Sergent de Mecklenbach.
Alors que la discussion allait bon train, le jeune Lancelin s’avança, l’air de rien près du pendu. Son superbe et imposant étalon força les osterlichois qui cherchaient toujours à le décrocher de sa corde à battre en retraite, penauds. Sous l’œil médusé des fantassins, de Maruch et des okordiens, le jeune nobliau tira sur la cape du pendu, le faisant tournoyer de plus bel sur sa corde.
- Dîtes-voir, votre blanc-bec, il pourrait pas utiliser son épée pour nous aider à couper la corde, plutôt que de triturer le Frère Dobiel ?
Sentant que l’on parlait de lui, Lancelin se tourna vers les interprètes avec un regard interrogateur. Après traduction, il hocha poliment la tête, puis dégaina une fine rapière, délicatement ouvragée et sabra proprement la corde d’un geste du bras. Le cadavre tomba comme un sac à patates, que les osterlichois s’empressèrent de récupérer. La route allait être longue pour eux, à traîner un corps sans chevaux.
- Donnez une sépulture à ce pauvre bougre. Évitons que les corbeaux finissent le travail... Ses lèvres s’étirèrent en un fin sourire, à une plaisanterie qui ne semblait faire rire que lui. Les corbeaux... Sur un corbeau...
- Maruch, enchaîna Eudes, je suis Eudes de Norbury, intendant du seigneur du même lieu. Dites-moi mon brave, les troubles concernent cette région uniquement ou cela s'étend au reste du Royaume ? Qui commande par ici ?
Maruch eut un grognement désabusé.
- Z’avez trois grosses autorités dans le coin. Officiellement, c’est le diakon Matyjasz qui dirige la région au nom du roi, depuis Kalisz. Mais allez pas vous en vantez à Brunswack, ils risqueraient d’mal le prendre… C’est les terres de l’archiduc Pawol, il aime pas vraiment le diakon. Mais les deux aiment encore moins le grand maître Chalislaw, c’lui qu’a fait pendre c’te malheureuse meunière. L’ordre du Rameau a des domaines un peu partout dans le Sudosterlich, mais vous trouv’rez le grand maître à Klotzen. Forteresse sur le Delta, il perd pas l’nord le strolatz, pour sûr !


Jet d’intrigue d’Hermès pour analyser les environs :
14 (Réussite sur le fil)

Jet de diplomatie d’Eudes pour sympathiser avec Maruch
6 (Réussite)

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#10 2026-03-05 19:53:15

Talera Happs
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Arès s'adressa aux autres, tout en faisant attention à ne pas être entendu ou compris par les Osterlichois:

en observant les lieux, il semblerais que le Strolatz ai été effectivement pendu par des gens peu discipliné, à mon humble avis nous devrions poursuivre vers Kasliz, l'autorité officielle royale, ne nous melons pas trop d'affaire qui nous ne concerne pas, je pense que nous apprécierons pas particulièrement que les Osterlichois se mêlent des nôtres, n'oubliez pas que les terres que nous ont été généreusement prêtée par Baldir peuvent nous valoir l'hostilité d'une noblesse qui se perçois comme flouée, dans le doute tenons nous loin de l'ordre du rameau

se tourne vers vers Maruch


Cher Maruch, pourriez vous demander à l'un des votre de nous accompagné jusqu'à Kalisz? ou pourriez donnez à notre délégation un papier attestant de la sincèrité de notre démarche ? pourriez vous aussi recommandez quelque lieu sain de Kalisz à d'humble pèlerin qui découvre votre religion comme nous
*dis-t-il en se montrant lui et ses agents*

Dernière modification par GrandJarl (2026-03-06 09:15:03)


vous trouverez ici une rapide explication et un historique de la maison: https://www.okord.com/ranking.html?profile-3451
Le Grand Jarl Actuel: https://www.okord.com/ranking.html?profile-21203

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#11 2026-03-08 19:47:00

Guyard Phauques (PNJ)
Inscription : 2017-05-16
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Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

À la demande d’Arès, Maruch ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes.
- Mais j’ai besoin d’mes gars, moi, balbutia-t-il. Et pis Kalisz est à une bonne semaine et demi de marche d’ici, j’peux pas décemment leur demander de vous accompagner. C’est des garçons du coin, ils sont jamais allés plus loin qu’à un ou deux jours de marche de leur village. L’air embarrassé, il se gratta la barbe à la demande d’Arès. Faudrait déjà que j’connaisse votre démarche pour attester de sa sincérité. Et même si j’le savais, j’sais pas écrire, annonça-t-il en rougissant légèrement. Et si vous aviez c’t’atessat… C’t’assetas… C’te note, j’suis qu’un simple sergent. Les autorités vous riraient au nez si vous leur montriez ça.
Le sergent hocha plus vigoureusement la tête au sujet des lieux saints.
- Oui da. Si vous suivez la route de Kalisz, vous tomberez sur la forteresse-monastère de Voratzé, entre Ostenkirchen et Pomorze. Il appartient à l’Ordre du Rameau, j’préfère vous prévenir… Mais ça vaut l’coup d’œil. Maruch observa en silence quelques instants ses hommes, s’activant toujours à trouver une manière convenable de transporter le cadavre du strolatz. Et vous avez à Kalisz le bois sacré de Baldir le Grand, qu’il a construit quand il est dev’nu roi. Paraît que vous vous sentirez jamais plus proche de Podeszwa qu’là-bas, mais faut encore que le diakon vous autorise à y entrer.

Ayant épuisé les sujets de conversation, les quatre okordiens se séparèrent de Maruch et de ses miliciens en lui souhaitant bonne chance, les laissant trimballer le corps nu du pendu vers la route de Mecklenbach, tandis qu’eux-mêmes rejoignaient les autres au croisement.
- Eh bien, on dirait que l'ambiance n'est pas au beau fixe entre les chefs par ici. On dirait presque des okordiens ! s’exclama un Delépée rieur, en arrivant à la hauteur des chefs de la délégation.
- Tout cela démontre que la région est en ébullition. Nous devrions faire très attention à ce que nous faisons, lui répondit froidement Eudes, en se dirigeant vers Theuderic.
Aguilar, lui, sourit poliment à la blague de son serviteur, avant de laisser le petit groupe exposer leurs découvertes.
Une petite exclamation étranglée se fit entendre à la mention de la meunière exécutée. Se retournant, Jan de Gwendal constata que le bruit provenait de sa fille, Estelle, qui se rapprocha prestement pour lui parler à voix basse.
- J’ai entendu une histoire là-dessus dans une discussion de gardes à la maison, chuchota-t-elle. Ils ont dû arrêter trois osterlichois aux Trois-Ponts, qui se disputaient au sujet de l’exécution d’une femme dans le sud. Ça avait l’air sérieux, ils en sont venus au poing. Il a fallu les mettre aux fers pour qu’ils arrêtent.
La Siostry Vespasia, de son côté, écoutait les hommes de main d’une oreille distraite et avec une moue dubitative. Cela faisait un certain temps qu’elle n’était plus venue dans la région, et entendre des noms de parfaits inconnus au pouvoir lui faisait sentir le poids des années. L’Ordre des Rameaux était sans aucun doute un ordre strolatz, mais pour le reste ? Sous Baldir le Grand, les diakons avaient un pouvoir bien plus important, et n’auraient toléré ni les chamailleries d’un archiduc, ni d’un grand maître strolatz sur leur domaine.

Jet de diplomatie de Jan pour confirmer les dires de Maruch :
4 (Réussite)

Jet d’érudition de Vespasia pour y ajouter des informations additionnelles :
14 (Échec)

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#12 2026-03-10 19:35:31

Aguilar de Vivesource
Inscription : 2023-07-20
Messages : 401

Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Après avoir discuté des informations que Marusz venait de leur apprendre , le groupe avait estimé qu'il en savait désormais assez pour poursuivre sa route . Ils avaient maintenant des repères politiques , religieux et géographiques qui leur semblaient suffisants pour continuer leur chemin vers Kalisz sans avoir besoin de faire un détour vers les habitations dans la falaise . Ils reprirent donc la route directement en direction de Ostenkirchen , sur la route de Kalisz .

Aguilar ruminait les propos du sergent Marusz depuis plusieurs heures . Il décida de se porter à la hauteur de Dame Vespasia pour parler un peu , tout en chevauchant :

- Dame Vespasia ! La route ne vous fatigue pas trop ?
- Mon cher Aguilar. Mes années de jeunesse passent et laissent la place à une fatigue latente. Qu'il est usant de porter tous les maux des puissants égos de nos dirigeants successifs et de ses contemporains. Tout change, indéniablement, inéluctablement, c'est le dessein du tout puissant. Vous n'avez qu'à regarder ce qui ce passe ici.
- Je pensais à ce que ce sergent nous a appris sur Osterlich . La situation semble y être fort différente de l'image que j'en avais avant notre départ . Ces disputes entre puissants , ces histoires de comportements injustes et corrompus de chefs podeswytes , au point de voir des strolatz pendus comme de vulgaires voleurs . J'ai encore du mal à croire tout cela .
- Il est écrit dans le Podreznik que l'ombre et le froid, nature insidieuse du mal, prend toujours le dessus peu à peu. C'est pourquoi la lumière, telle la bougie qui brise la nuit, doit être entretenue pour appaiser nos coeurs et nos vies. Je crains que des évènements aient perturbés ce rouage et que les Osterlichois de cette région se font envahir par le côté obscur de l'âme humaine.

Il reprit après un temps :

- Moi qui voyait Osterlich comme un modèle d'unité , de droiture et de probité , je suis vraiment très surpris . Tout cela m'inquiète . Qu'en pensez vous , Dame Vespasia ? Etes vous aussi surprise que moi ?

La Siostry pris une profonde respiration puis continua.

- J'ai peur, Aguilar. Notre présence Okordienne en ces terres Osterlichois du Sudord sont soumis au bon vouloir et au respect de l'accord signé jadis avec Baldir et son représentant. Si les esprits changent, qu'en sera t il de l'accord. Et si l'accord change, ce sera la guerre. Notre petit voyage diplomatique arrive à point nommé, il va nous falloir nous assurer de la stabilité de notre accord.
- Notre mission s'annonce plus délicate que je ne l'imaginais .

Reprenant un peu plus loin :

- Encore une raison de plus pour me féliciter de votre présence parmi nous , Dame Vespasia . Encore merci , Siostry !

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#13 2026-03-12 09:24:20

Jan de Gwendal
Inscription : 2024-08-27
Messages : 134

Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

La compagnie s'était arreté pour une pause sur la route d'Ostenkirchen, et Jan était reconnaissant de pouvoir enfin enlever temporairement les sangles qui maintenaient sa jambe de bois. Ce satané dispositif était très serré, et la chaleur dans ce pays était plus intense que ce à quoi il était habitué.

Estelle aurait aimé s'asseoir avec le groupe, en compagnie de tant de personnes intéressantes et charmantes, mais son père avait insisté pour rester à l'écart pour une "conversation tranquille".
«Bravo d'avoir retenu ces rumeurs concernant la pauvre meunière, ma chère. Les rumeurs recèlent toujours une part de vérité, pourvu qu'on soit assez perspicace pour les relier aux faits observés.» dit-il en s'asseyant au sol avec un certain effort.

Elle avait toujours l'air soucieuse «Difficile de croire que des exécutions sommaires puissent etre aussi fréquentes, meme dans des régions reculées comme celle-ci. Il est inquiétant de penser que Baldir n'aie aucun controle sur ces luttes de pouvoir locales, qu'il ne peuve pas maitriser ces parvenus. Une très mauvaise nouvelle, n'est-ce pas, Papa?»

L'écuyer Wim, qui servait à ses seigneurs un petit repas de voyage lors de ce bivouac en pleine nature, était suspendu à ses lèvres «Bien dit, ma dame, bien dit.»
On pouvait meme entendre Noisette grogner en signe d'approbation depuis le petit bosquet où on l'avait attachée.

Mais Jan semblait penser autrement «Mauvaise nouvelle? Pour Baldir, sans aucun doute! Mais je pense que c'est une excellente nouvelle pour nous: un voisin plus faible est un voisin plus raisonnable et plus facile à gérer. Si notre hote n'est pas aussi puissant que nous le pensions, cela pourrait faciliter la réalisation de notre objectif.»

«L'objectif de qui, exactement? Celui de ce groupe diplomatique? Ou le tien?» répondit sa fille, avec une pointe d'amertume.
Pressentant une confrontation imminente, Wim se raidit et se figea au milieu de son geste alors qu'il versait du thé, qui se répandit inévitablement au sol.

Le Comte, cependant, ne sembla pas trop perturbé par la question insolente. Il prit un instant pour remplir sa pipe avant de formuler sa réponse: «Ces deux objectifs coincident... pour le moment. Nous avons besoin que cette mission diplomatique réussisse. Mais nous ne pouvons oublier ce pour quoi nous sommes venus, ce qui compte le plus pour notre cause, pour notre maison. Une fois cette ambassade établie...»

Un bruissement soudain provenant des buissons voisins les fit sursauter et interrompit leur conversation. Wim se redressa aussitot, la main sur le pommeau de son épée. Au signe de tete de Jan, le jeune écuyer s'approcha des buissons pour enqueter. Quelques instants de tension s'ensuivirent. Jan était bien conscient des dangers qui pouvaient se cacher dans cette campagne étrangère, qu'il s'agisse d'animaux sauvages, de bandits, ou meme d'espions de sa propre compagnie...

Finalement, Wim revint, l'air détendu «C'était simplement Gronog, le chef cuisinier du Nord. À la recherche d'herbes et d'épices, sans doute.». Les autres sourirent en repensant à leur réaction nerveuse; la pendaison à laquelle ils avaient assisté les avait visiblement rendus anxieux.
«Mon seigneur, je vois que le reste du groupe se prépare à repartir. Permettez-moi de vous aider à vous relever.»

Dernière modification par Neslepaks (2026-03-12 09:29:07)

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#14 2026-03-12 21:19:10

Theuderic
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Messages : 339

Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Theuderic ne cachait pas son impatience de reprendre la route en direction d'Ostenkirchen, cette halte pour observer un simple pendu l'avait passablement agacé. Eudes ne semblait pas partager son agacement. Les norburiens c'étaient regroupé à l'écart pour deviser sur les derniers événements.

- "Un strolaz pendu et voilà que tout le monde est sur ses gardes. Je conviens que cela n'est pas l'image que j'avais de l'Osterlicht, mais quand même en tant qu'okordien nous sommes habitués à ces affrontements. Que la noblesse osterlichoise tente de limité le pouvoir des culs bénit me réjouis. Tout ce remue-ménage local est une bénédiction pour nos affaires. Nos amis en osterlicht auront certainement les mains plus libres pour organiser un commerce lucratif avec nous."  Theuderic était ravis à l'idée de rencontrer les hommes de l'ombre avec qui il pourrait organiser des trafiques en tout genre.

Eudes prit la parole.

- "Mon seigneur, loin de moi l'idée de remettre en cause votre parole mais ces évènement sont tout de même dangereux. Soyons attentif et point trop pressé à rencontrer la pègre locale. Il faudra jouer de discrétion et rester aligner sur notre délégation pour les décision importante."

- "Mon cher Eudes, vous êtes la voix de la raison de la Norbury, je te laisse tout l’attitude pour les négociations au sein de la délégation." Il fît un signe de tête à Eudes qui lui rendit par une révérence. Se tournant vers Gilbert et la Vipère, Theuderic leur donna l'instruction d'ouvrir l’œil, les deux séides eurent un rictus de satisfaction et tapotèrent leur dague en signe d'acquiescement.


Terre de Norbury

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#15 2026-03-15 22:49:43

Guyard Phauques (PNJ)
Inscription : 2017-05-16
Messages : 592

Re : L'étrange héritage de Baldir le Grand [Osterlich]

Thème

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D’un commun accord, les okordiens s’étaient décidés à reprendre la route de Kalisz, laissant derrière eux Maruch, son strolatz pendu et les habitations troglodytes au loin, mais emportant avec eux quantité de questions que le sergent osterlichois aurait été bien en peine de répondre.

Suivant les panneaux en direction de la capitale, les sabots du convoi les amenèrent sur la route d’Ostenkirchen, « l’Église de l’Est », comme avait traduit pour eux la Siostry Vespasia. La traversée fut tout aussi bucolique que lors des jours précédents. Une journée de marche après avoir laissée l’étrange scène du carrefour derrière eux, la falaise s’était progressivement enfoncée dans le sol, ne laissant qu’une plaine fertile, boisée et légèrement vallonée dans toutes les directions. Les sillons de terre sèche la parcouraient rigoureusement, et ils rencontraient régulièrement des croisements où de petits sentiers rejoignaient la route principale, si grande était la densité de villages aux alentours.
Pourtant, le discours de Maruch, et le pendu appuyant silencieusement ses dires avaient jeté une certaine pesanteur sur l’ambiance idyllique du voyage, et de petits détails faisaient tiquer les membres les plus vigilants de l’expédition. Les villageois qui les observaient à distance, limitant leurs échanges au strict minimum lorsque la troupe traversait un village, des objets ou charrettes abandonnés et laissés à l’usure de la nature sur le bas-côté, plus rarement un petit corps de ferme désert et abîmé. Comme si l’Osterlich leur cachait un secret de famille honteux.

L’entourage des okordiens n’était pas idiot, et même si la plupart ne parlaient pas la langue, ils comprenaient instinctivement le changement d’atmosphère des derniers jours. S’ils faisaient bonne figure en progressant à bon rythme dans une campagne éveillée par le retour du printemps, les interactions avec les osterlichois ne manquaient pas de les rendre moroses. Il n’y avait bien que l’enthousiasme culinaire de Gronog et de ses marmitons pour remonter le moral des troupes après de telles rencontres.
Après trois jours de plus à suivre la route du sud, les voyageurs aperçurent à l’horizon une petite ville bordant un fleuve, avec assis sur une colline dominant la commune, un solide petit fortin de pierre taillé. Le château était fermement tassé sur ses hauteurs, et les habitants avaient, en prime, creusé un canal autour de la butte et détourné une partie de la rivière pour y ajouter des douves humides. Entre les douves et le fleuve, un barrage avait été astucieusement placé pour y alimenter un moulin adjacent. Nul doute que les ostenkirchois savaient ce qu’ils faisaient en matière d’aménagement urbain.

Bourgade somme toute modeste, Ostenkirch gagnait en détails à mesure que les okordiens s’approchaient. Sans murailles fortifiant la ville, ils pouvaient librement s’approcher en suivant les sentiers de terre, qui slalomaient entre les champs en bordure de la cité. Par-dessus les façades des maisons, le beffroi de l’église, qui donnait probablement son nom à la ville, dépassait les toitures. Ce qui ressemblait de loin à des cages en fer pendouillait, accrochées à des poutres dépassant du dernier étage du clocher. Ballotées par le vent, elles semblaient vides.

Alors que les éléments de tête du convoi mettaient derrière eux les derniers champs avant d’entrer dans la ville, deux gardes surgirent à une dizaine de mètres devant eux d’un angle de ruelle, rigolant doucement d’une blague quelconque. Celui de droite remarqua soudain les dizaines d’hommes et de chevaux, décrocha sa mâchoire de stupéfaction avant de se ressaisir
- HALTE ! HALTE-LÀ ! hurla-t-il en brandissant son arbalète, comme si le carreau dans l’encoche suffirait à tous les arrêter.
Le garde de gauche, plus perspicace, rabattit immédiatement l’arbalète de son collègue, si violemment que l’arme tomba au sol tête la première aux pieds de son propriétaire. Pour faire bonne mesure, il lui distribua une taloche si magistrale qu’il fit valdinguer le capuchon matelassé de son compère.
- Âne bâté, ils t’ont l’air de nomades ? Utilise ta cervelle ! jura-t-il. Pardonnez mon camarade. On est tous peu nerveux quand on voit des cavaliers venir, depuis la dernière attaque, expliqua-t-il en se retournant vers les okordiens. Mais s’il avait davantage de jugeote, il aurait compris que vous ressemblez pas aux pillards qui ont saccagé le village de Domalygorzu.
Penaud, l’autre garde ramassa en silence son arbalète, qu’il prit grand soin de laisser pointer vers le bas. Le premier garde s’éclaircit la gorge avant de reprendre la parole.
- Quelles affaires vous amènent à Ostenkirchen ? Z’êtes quand même nombreux, le burgheister voudra savoir ce que vous faites par chez nous.


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