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Plusieurs milliers, Comte. dix milles, peut-être. Difficile de compter des hommes qui ne dorment jamais deux nuits au même feu.
L'éclaireur avait de la boue jusqu'aux genoux et l'odeur de la fumée froide accrochée à la barbe. Lancelin Falkenberg von Mayer ne leva pas les yeux du registre des péages, où les colonnes de la route d'Osterlich s'amincissaient de semaine en semaine.
Dix milles. Et ça mange quoi, dix milles déserteurs ?
Nos marchands, Comte.
Le camp s'était lové dans les ruines au nord d'Esterord, là où plus personne ne levait l'impôt depuis que les seigneurs du cru avaient déserté leurs terres. Une ancienne tour de guet, éventrée, servait de donjon. Autour, une palissade de charrettes renversées, de portes arrachées aux fermes voisines et de pieux encore verts. Sur les remparts improvisés flottaient des bannières de maisons éteintes, recousues entre elles, rapiécées au point de ne plus appartenir à personne.
Les hommes qui tenaient ce lieu n'avaient rien de manants affamés. Ils portaient des brigandines de livrées dépareillées, des casques cabossés aux armes de domaines oubliés, et marchaient au pas sans s'en rendre compte. D'anciens soldats. Payés jadis pour tenir une ligne, ils tenaient désormais la route. Les chevaux volés piaffaient dans l'enceinte d'un cloître effondré, les ballots de drap et les tonneaux d'Altevin s'entassaient sous des bâches pourries, et à l'entrée du camp, un gibet portait encore un marchand trop lent à négocier.
Pire encore : vers le nord-est, ils avaient tendu des chaînes entre deux barques lestées de pierres et posté des arbalétriers sur les rochers du détroit. Plus une coque ne passait sans payer, et celles qui payaient ne repartaient pas toujours.
Malacorda, perché sur un tabouret trop haut pour lui, agita sa plume comme un éventail.
Il faut reconnaître qu'ils ont de l'organisation. Je connais des chancelleries qui rêveraient d'une telle efficacité dans la perception.
Tu veux leur proposer un poste ?
Je dis seulement qu'il serait dommage de pendre des talents pareils.
On les pendra avec respect.
Lancelin referma le registre. Le soir même, le ban fut crié sur les places des cités du Pic de Peyresang et porté par cavaliers jusqu'aux carrefours du royaume :
Au nom des cités du Pic de Peyresang, le Comte Lancelin Falkenberg von Mayer fait savoir qu'une bande armée, forte et retranchée, tient les ruines au nord d'Esterord et ferme le détroit du nord-est. Toute compagnie capable de lever le fer est appelée à nettoyer la place. Ce qui sera trouvé dans le camp restera à qui l'aura pris. Les cordes seront fournies.
HRP
Je propose un combat ouvert à qui le souhaite contre ce camp de brigands.Lieu : l'exploitation en 244x39
Valeur de l'armée adverse : 5 253 900 orTout est en place. Le premier qui arrive sur l'exploitation fera le combat, avec une armée de valeur égale ou approchante, pour le plaisir du jeu et du récit.
Bon courage aux amateurs.

Dernière modification par HernfeltMayer (2026-10-01 11:16:52)
Lancelin Falkenberg von Mayer et toute sa clique (Aldric "Main-de-Sixte" Ravenswood et autres joyeux lurons)
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